
Diplômé du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris où il a étudié auprès de G. Pludermacheret F.F. Guy, recevant également l'enseignement de M.F. Bucquet, M. Coppeyet D. Ligeti, ainsi que de C. Désert et A. Flammer.
Nima Sarkechik est « Un pianiste qui perce (...) il aborde avec fougue et assurance les grandes pages du répertoire. A suivre de près. » (Classica, juin 2007).
En quelques dates, Nima Sarkechik c'est aussi…
Les vocations naissent souvent de rencontres précieuses, qui influencent puissamment notre vision du monde.
Son enseignement est un mystère, et c'est ce mystère même qui a généré une intense recherche personnelle, dont, et je l'ai finalement compris, sa pédagogie est la cause première. Il écoute, pense et réfléchit aux moyens mêmes de nous embarquer dans un univers de perte de repères pour se rapprocher de l'essence de notre propre personnalité. Car les barrières qui m'ôtaient la perception pure de mes propres vérités étaient nombreuses, et il m'a fallut, avec son aide, les démanteler patiemment pour me rapprocher doucement de moi-même. Il m'a appris à écouter à mon tour, écouter les autres, par son amour du disque, en mettant de côté l'amour propre qui constitue l'être humain et qui voile parfois l'accès aux discours les plus sincères.
Anecdote :
Un jour, il m'a m'a remis 5 cassettes audio, chacune contenant plusieurs versions du 5eme concerto de Beethoven, qu'il s'était donné la peine de préparer. Il m'a alors demandé d'écouter avec humilité, en mettant de côté mes jugements hâtifs et mes goûts personnels, et de comprendre pourquoi chacune des versions avait son caractère propre. Il avait d'ailleurs pris soin de ne mentionner nulle part le nom des solistes, du chef, ni même celui de l'orchestre afin de me préserver de mes préjugés. Cette seule démarche a marqué mon écoute à tout jamais. Je le soupçonne de ne pas avoir prémédité une telle influence sur moi, ni sur quiconque d'ailleurs. Mais il est parfois des Maîtres qui le sont bien indépendemment de leur volonté.
François-Frédéric Guy est un immense artiste avant d'être un grand pédagogue. Son enseignement repose principalement sur sa grande expérience de la scène, et du travail approfondi que le métier requiert. Il m'a transmis la rigueur du professionnalisme qu'exige la pratique du piano. L'économie du travail ne peut être fait, et les détails à corriger sont parfois nombreux. Il m'est arrivé de ne pas oser même penser à corriger un passage tant sa difficulté m'effrayait. Le laxisme inconscient dont j'étais "victime" a été peu à peu chassé par son enseignement. Mais un des plus beaux héritages qu'il m'a légué est certainement la prise de conscience du rapport inviolable entre l'apparente difficulté technique et la conscience de la direction musicale d'une phrase ; l'art du chant, en vérité, à chaque instant. Une difficulté n'est difficile que lorsque le geste n'est pas intégré ; et cette intégration n'est possible que si la direction de la phrase inhérente au passage inconfortable est assimilé et clair. Cet énoncé, dit ici sous forme de "loi" implacable, n'en est évidemment pas une. Mais dit ainsi, l'essence des éléments éclairants relatifs à ce phénomène sont effleurés avec autant de justesse que possible.Ce rapport entre la musique et la technique a particulièrement marqué ma relation au clavier, et j'en ressens encore la puissante vérité à chaque instant passé au piano."
« La musique recèle une beauté multiple et différente pour chacun ; sa simple existence transcende l'instant de qui sait écouter »
De nombreuses expériences musicales ont été pour moi le point de départ de ce constat.